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 Test : Blue Dragon

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Chris
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Personnage: Sephiroth

MessageSujet: Test : Blue Dragon   Lun 11 Fév - 18:35

Routiniers du genre RPG, Sakaguchi (créateur de la série des Final Fantasy) et sa team nous ouvrent les portes de leur studio Mistwalker avec Blue Dragon. Dire que ce jeu était attendu tient de l'euphémisme, tant les grands noms ayant participé à l'aventure sont synonymes de promesses. Akira Toriyama (character designer de Dragon Ball), Nobuo Uematsu (compositeur de la musique des FF), diantre, des symboles, des icônes, des mythes dispensant leur talent sur un seul et même jeu chapeauté par le père de Final Fantasy. Un trio forcément gagnant. Forcément ? C'est ce que nous vous proposons de vérifier.



Assemblé avec des morceaux d'autres jeux, la plupart estampillés Square Enix, Blue Dragon ressemble à une sorte de Frankenstein vidéoludique. Normal quand on sait qu'Hironobu Sakaguchi a oeuvré pour la célèbre firme japonaise pendant moult années. De fait, retrouver diverses classes ou noms de magie renvoyant à ceux du jeu de rôle à la double consonne n'est pas une surprise en soi. Ainsi donc, nous éviterons de trop nous attarder sur ce point comme sur le fait que la bande-son d'Uematsu, évoluée et raffinée, s'émancipe difficilement si on la compare aux anciennes compositions du maître. Nous pouvons alors passer à autre chose afin de nous plonger véritablement dans les méandres de Blue Dragon qui, loin de marquer un quelconque renouveau du RPG, nous offre un univers coloré, naïf mais marquant surtout le retour d'Akira Toriyama au character design.



D'ailleurs, comment définir Blue Dragon si ce n'est comme une nouvelle extension vidéoludique de l'oeuvre du mangaka qui nous a fait rêver et fera rêver pendant encore de nombreuses années des hordes d'animes-fans ? Blue Dragon doit donc beaucoup au papa de Dragon Ball en cela que le character design du maître est reconnaissable entre mille. Des bouilles toutes rondes aux monstres très typés sans parler des véhicules rétrofuturistes, l'aspect esthétique de Blue Dragon renvoie indéniablement aux mangas de Toriyama, le design d'ensemble étant à ce titre plus proche de ce que l'homme a pu faire sur support papier que pour le jeu vidéo, Chrono Trigger ou Dragon Quest en tête. Pourtant, si on savoure à juste titre le retour du bonhomme aux commandes d'un tel projet, on pourra être déçu par quelques partis-pris (je pense ici à l'absence de charisme de Nene, le grand méchant du jeu), des décors sobres et plutôt dépouillés ou l'aspect plastique des monstres. Bref, si Blue Dragon est loin d'être le plus beau jeu de la console, il n'en demeure pas moins charmant, plein de vie, sans parler du côté nostalgique qui ravira les hordes de gagabaliens.



Mais le jeu de Mistwalker ne repose pas simplement sur un design car il y a aussi matière à s'étendre sur l'aspect sonore du titre. Sur ce point Uematsu a réalisé un travail fabuleux, ses thèmes étant parfaitement adaptés aux situations rocambolesques que vivront nos héros. On sent bien que Nobuo-san a pris du plaisir à habiller le jeu de musiques éclectiques et hormis un thème de boss assez particulier (un morceau de Deep Purple pour tout dire), l'environnement sonore est un pur régal. De plus, la possibilité de pouvoir profiter du jeu en anglais, italien ou français est tout à l'honneur de Mistwalker. Par contre, force est de constater que si l'intention d'offrir un doublage dans la langue de Molière est plus que louable, le résultat final est tout simplement mauvais. Les doubleurs n'y croient pas une seule seconde, surjouent, le ton est monocorde, les répliques tombent comme un cheveu dans la soupe et il y a fort à parier que vous reviendrez très rapidement au doublage anglais. A noter que le doublage japonais est donc remplacé en France par le doublage italien, ce qui a un peu de mal à passer !



D'un point de vue scénaristique, il est par contre plus difficile de se prononcer d'une part parce-que je n'ai pas encore terminé le jeu et d'autre part parce que la narration est tantôt diluée tantôt concentrée à travers plusieurs cinématiques qui s'enchaînent. De ce que j'en ai pu voir, il ne faut malgré tout pas s'attendre à un scénario aux ambitions démesurées. L'histoire est simple, fait intervenir un groupe lambda de protagonistes dont les rôles sont ici légèrement inversés, la frêle jeune fille du groupe de départ, Kluke, tenant le rôle de magicienne expérimentée alors que Jiro, mature et réfléchi, s'offre la place de guérisseur. Pour contraster avec ce dernier, le héros principal, Shu, est un ersatz de Goku, espiègle, aventureux et toujours prêt à sauver la veuve et l'orphelin. Si l'originalité n'est donc pas ici de mise, on rentre cependant prestement dans l'aventure en trouvant facilement ses marques. De plus, après quelques heures de jeu, d'autres personnages rejoindront vos rangs afin d'apporter un peu plus de vie à l'histoire. Et ce ne sont pas Marumaro, un membre de la tribu Devee, et Zola, une pirate ayant quelques traits de personnalité communs avec un certain Vegeta, qui me contrediront. Dans l'absolu, on peut néanmoins remarquer que la progression pèche au niveau du rythme et de la saveur, du moins en ce qui concerne l'ensemble du premier des trois disques du soft. Les surprises narratives se comptent sur les doigts d'une main, l'univers aurait mérité d'être plus vivant, il n'y a pas vraiment de montée en puissance mais, car il y'a encore un mais, on ne voit pas le temps passer. Paradoxal ? Oui et non car au-delà du synopsis un peu trop convenu se cachent des trésors d'inventivité en matière de gameplay.



Bon j'exagère un peu vu que la jouabilité de Blue Dragon, toute intéressante qu'elle est, ne réussit pas véritablement à surprendre l'amateur. Holà, minute papillon, ceci veut-il dire que le bébé de Sakaguchi se destine principalement à celles et ceux désireux de découvrir le RPG ? Grand dieu non mes bons amis, au contraire, mais j'y reviendrai plus tard. La première chose à savoir est, qu'une fois passé le "prologue", vos héros ne combattront plus à proprement parler, leurs ombres se chargeant de faire le sale boulot. Ainsi, dès que vous aurez accès à celles-ci, vous pourrez leur faire changer à tout moment de classe (Assassin, Moine, Magie blanche, Magie noire, Epée magique...) pour combiner les compétences apprises grâce à celles-ci. Bien entendu, en parallèle, vous aurez toujours une customisation de votre personnage liée à l'achat d'équipements, d'accessoires ou d'objets, cette dernière étant particulièrement importante vu que si vous ne frappez pas directement, c'est bel et bien l'hôte de l'ombre, à savoir le héros, qui prend les coups. Pour simplifier les combats, pouvant être évités sachant que les ennemis sont visibles, on note aussi une petite astuce qui consiste à user d'un cercle de rencontre. Ledit cercle vous permet d'affronter un ou plusieurs adversaires présents dans la zone de ciblage mais surtout de faire en sorte que les ennemis de différentes races se battent entre eux, un duel de monstres s'engageant alors avant que vous ne commenciez à combattre. Pourtant, cette astuce n'empêche pas un des défauts du jeu qui tient à sa difficulté mal dosée, imposante par moments, anecdotique à d'autres.



Par conséquent, on aura bien du mal à conseiller ce jeu aux néophytes dans le sens où il n'est pas rare de passer une heure sur un boss (et ce dès le début du jeu) puis de ne rencontrer aucune véritable résistance la dizaine d'heures de jeu suivante. Toutefois, les checkpoints disséminés ici ou là nous permettent de recommencer rapidement un combat mais la principale solution consiste à leveller ses personnages pour ne pas avoir de mauvaises surprises. On regrettera aussi que les jauges de vie des adversaires soient invisibles et ce même avec la compétence Encyclopédie de créatures permettant d'en connaître un peu plus sur l'ennemi qu'on affronte. On devra également penser chacun de nos coups en tenant compte de plusieurs paramètres. Ici, on pourra d'ailleurs parler de force et de faiblesse selon le point de vue du joueur. Quoi qu'il en soit, vous devrez constamment vous référer à une barre de progression sur laquelle vos personnages et ennemis sont visibles. En fonction de l'action à réaliser (attaquer, défendre, technique spéciale, etc), le moment où vous pourrez l'effectuer variera. L'aspect stratégique qui en ressort est donc indéniable d'autant que si vous utilisez des attaques chargées, vous pouvez choisir d'atteindre une zone spécifique (afin que votre attaque consomme moins de PM et soit plus puissante) ou au contraire de réaliser une attaque moins efficace mais attaquer en contrepartie un monstre avant son tour d'action. Le hic est que ces charges sont réalisables en tenant le bouton d'attaque appuyé, ceci réclamant donc de la dextérité et un minimum de chance. De plus, il est parfois très lourd de devoir constamment se défendre pour qu'un tel héros joue avant l'autre, tout ceci pour combiner les attaques tout en anticipant les actions d'un adversaire. Le système en lui-même est ainsi fort prenant mais réclame énormément d'implication de notre part.



On regrettera aussi que la puissance des ennemis communs varie énormément d'une zone à l'autre. Le souci est qu'il est souvent difficile de gagner de l'expérience dans certains endroits tant les ennemis sont coriaces. On devra donc acheter un maximum d'objets de soin, combattre, revenir dans un village proche se régénérer et ainsi de suite. Par contre, notons que ce problème est principalement lié une fois de plus au début de jeu. Bizarre. Dans tous les cas, ce n'est pas une sinécure même si la durée de vie s'en retrouve forcément rallongée. En parlant de celle-ci, sachez aussi que les quêtes annexes ne sont pas si nombreuses et essentiellement compilées sur le troisième disque. Néanmoins, la liste des objets et lieux cachés à découvrir est impressionnante et concourt à faire de Blue Dragon un RPG qu'on reprend dans la joie et la bonne humeur. En définitive, si on ne criera pas au génie, le premier essai de Mistwalker a de quoi raviver les attentes des joueurs quant aux futurs projets de la firme, Lost Odyssey en tête. Sakaguchi nous a démontré, s'il le fallait, qu'il n'avait rien perdu de sa superbe et si on trouve dans le cas présent plusieurs "erreurs de jeunesse", comment bouder un jeu aussi frais que Blue Dragon qui, sans faire table rase du passé, n'en oublie pas de se chercher une véritable identité, avec tout ce que ça implique de pièges plus ou moins évités.

Source :Jeuxvidéo.com


Dernière édition par le Lun 11 Fév - 19:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Test : Blue Dragon   Lun 11 Fév - 19:09

Graphismes 14/20

L'aspect plastique des monstres dénote un peu, tout comme la pauvreté de la plupart des environnements. Cependant, la joie de retrouver un jeu bénéficiant du character design d'Akira Toriyama l'emporte haut la main. Maintenant, soyons lucides. Blue Dragon est loin d'être le plus beau jeu de la Xbox 360 et ne peut tenir la comparaison avec un Eternal Sonata pour ne citer que ce dernier.

Jouabilité 15/20

Le gameplay de Blue Dragon est somme toute classique dans la gestion des personnages ou des classes offrant diverses compétences magiques ou martiales. Le petit plus vient ici du système de combats bien plus stratégique qu'il n'y paraît. Du coup, on se prend rapidement au jeu même si le tout demande énormément d'abnégation de notre part face à certains boss. A ce titre, on reprochera d'ailleurs au jeu une difficulté bizarrement gérée sans parler des temps de chargements trop nombreux.

Durée de vie 15/20

S'étalant sur trois disques, Blue Dragon jouit d'une durée de vie honorable malgré le peu de quêtes annexes centralisées à la fin du jeu. La difficulté en dents de scie vous obligera à faire du level-up à plusieurs reprises mais on reviendra au titre très facilement, ne serait-ce que pour dénicher les coffres et autres lieux cachés.

Bande son 15/20

Une très bonne chose de pouvoir choisir entre le doublage français (catastrophique), anglais (honnête), ou italien (qui remplace en France le doublage japonais). Quant à la bande-son à proprement parler, Uematsu revisite sa discographie pour nous en sortir des compositions qui donnent dans le déjà-entendu (le thème de victoire étant par exemple très proche de celui de Final Fantasy) mais qui apportent beaucoup de fraîcheur à l'univers du titre. On signalera quand même au passage un thème de boss récurrent un peu hors propos malgré la participation de Deep Purple.

Scénario 13/20

N'ayant pas eu le temps de terminer le jeu, je ne puis que me baser sur ce que j'en ai vu pour émettre un avis mesuré. D'un côté, les personnages sont vivants bien que stéréotypés, toujours pleins d'entrain, prêts à tout pour affronter le méchant Nene (son nom étant aussi peu charismatique que son look) mais de l'autre, le scénario manque de profondeur, de coups d'éclats et globalement de montée en puissance. On pouvait en attendre un peu plus de la part d'un jeu d'Hironobu Sakaguchi.

Note Générale 15/20

Sans bousculer les acquis, Sakaguchi nous livre un RPG avenant, plaisant mais sans grande originalité. Est-ce un mal ? Du tout mais avouons qu'on aurait aimé un peu plus de prises de risque en ce qui concerne le scénario ou le gameplay. Néanmoins, malgré plusieurs points critiquables (système de combat parfois contraignant, difficulté étrangement gérée, aventure linéaire) on ne peut enlever au soft son charme bien réel venant en grande partie du travail de Toriyama et Uematsu. Du coup, la Xbox 360 s'offre un mets fort savoureux en attendant le plat de résistance qui devrait prendre la forme d'un Lost Odyssey ou d'un Eternal Sonata.

Source :Jeuxvidéo.com

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